Bertrand Vergely

Introduction à l'éthique de la vie créatrice

L’expérience de la Beauté

retrouvez ICI un extrait de la conférence

 

 Le fil qui relie ces cours est l’idée développée par Berdiaev d’une éthique  chrétienne créatrice.

Dans les cours précédents, j’ai parlé du verbe, du symbole et de l’expérience poétique, aujourd’hui nous allons parler de la Beauté.

Reprise des cours précédents.

A travers  la pensée de Berdiaev, il y a un concept de l’au delà qui permet de comprendre la relation à Dieu, à la personne, à la liberté, à la création, et par là même au Verbe, à la dimension symbolique et poétique. Chez Berdiaev, l’au-delà nous emmène ailleurs, c’est le contraire d’un enfermement. C’est la relation entre la Personne, la Liberté et Dieu.

Au départ, Berdiaev est révolutionnaire car il y a en lui un appel à la liberté. Il s’oppose à la pensée bourgeoise et rejoins l’authenticité du peuple. Cette première expérience de la liberté est liée à l’engagement politique, mais très vite cet engagement devient pour lui insatisfaisant et il quitte le mouvement révolutionnaire pour s’engager dans une voie spirituelle et existentielle.

Répondre à la question de l’homme s’est apercevoir qu’il y en lui une exigence qui dépasse le cadre social. Berdiaev fait l’expérience de Dieu. La présence de Dieu dans l’existence, n’est pas l’explication de l’existence, c’est la liberté, le fait d’aller au-delà. Lorsque Dieu n’existe pas, il n’y a que la nature et l’homme, l’homme est enfermé. Lorsque Dieu existe, il y a la liberté.

En occident, on croit en un Dieu parce qu’on a besoin d’explications, c’est une attitude rationaliste qui se rapporte à la science. Berdiaev ne cherche pas une science, il cherche une éthique, une libération de ce qui enferme l’homme dans la nature et dans l’homme lui-même. Cette relation est une expérience.

Lorsque l’homme pose qu’il  existe un au delà de la nature et de l’homme, cet au-delà est une expérience qui fait de l’homme unePersonne, c'est-à-dire une relation entre le sujet que nous sommes et l’infini. Lorsqu’il y a  cette relation entre le sujet et l’au-delà de Dieu, l’homme devient une icône, il devient porteur de la lumière divine, il rentre dans la création, dans une vision radicalement neuve de l’existence.

Nous avons là les éléments d’une éthique chrétienne créatrice.

Beaucoup ont peur de la religion parce qu’ils s’imaginent que Dieu est celui dont il faut dépendre. Avec Berdiaev, Dieu est au contraire, celui qui nous libère. Dans la Bible, constamment, Dieu apparaît comme celui qui délivre l’homme de la servitude.

Dieu apparaît trop souvent comme un principe explicatif et non comme un principe libérateur.

Le prologue de Saint Jean exprime exactement cette dimension de l’au-delà. Il annonce que le Christ nous emmène au-delà de la lumière que nous connaissons vers une lumière plus grande encore qui rend la lumière que nous connaissons ténébreuse.

Une éthique de l’émerveillement, c’est voir le monde avec les yeux de l’au-delà, voir que le monde est riche et que nous connaissons peu de choses par rapport à ce qui est.

Berdiaev nous apprend que la liberté s’explique à travers des symboles, pour lui, tout symbolise la Personne, jamais, chez Berdiaev, le rapport à la réalité est objectif. C’est un rapport personnel qui éclaire la dimension symbolique de l’existence.

Cela nous  amène à porter  une attention particulière à la notion de correspondance poétique qui est le rapport entre l’intime de moi-même et l’au-delà de moi-même.

Pour Berdiaev, le drame de la pensée occidentale, c’est l’objectivation, c’est ce qui s’exprime lorsque nous regardons le monde de l’extérieur. Cette vision objective fige tout pour deux raisons :

  • Se mettre en face de la réalité, c’est se mettre à la place de Dieu, c’est juger le monde, c’est oublier que le monde, c’est nous.
  • Cela débouche sur des généralités, des visions idéales et abstraites qui passent à côté de l’existence.

La liberté c’est une expérience qui part de l’existence et qui dit quelque chose à partir de cette expérience. Le discourt sur la société, sur l’homme et sur la nature est riche quand je parle de mon expérience.

C’est ainsi que Berdiaev parle du Christ et du Christianisme comme d’une religion, non pas qui cherche à objectiver la réalité, mais comme une expérience de la Personne permettant de libérer celle-ci.

L’expérience créative à travers la Beauté.

Voici quelques phrases significatives  de Berdiaev tirées de son ouvrage « De la destination de l’homme ».

« L’éthique de la création est une éthique énergétique et dynamique, elle repose sur l’énergie et non sur la loi »

« Alors que l’éthique de la loi renvoie à un monde fini et replié sur lui-même, l’éthique de le création renvoie à un  monde infini et ouvert. »

« L’étique de la création est toujours prophétique si elle a un sens du social et s’enracine dans la personne et  non dans le collectif »

« Tous ce qui ne procède pas de la création dégage un mortel ennui »

« Les pères de l’Eglise ont longuement insisté sur les passions pécheresses, ils ont eu tendance à oublier que celles-ci sont des matériaux susceptibles de sublimation et de transformation spirituelle »

« La Beauté correspond à l’être parfait, intégral et harmonieux, elle correspond à la créature transfigurée, alors que le Bien correspond à une créature enchaînée par une loi qui dénonce le péché. »

« Le paradoxe de l’éthique vient du fait que le Bien étant défini comme le contraire du Mal, le Bien exige la Mal et le tolère. »

« Le Bien absolu n’existe que dans le royaume de Dieu, la tragédie naît quand la valeur morale au sens étroit du terme se dresse contre la valeur cognitive et esthétique. L’homme est alors obligé d’être cruel en devant sacrifier une valeur à une autre. Soit il renonce à la création au nom d’une valeur religieuse et morale, soit il renonce à la morale et à la religion au nom de la création. »

On a là les éléments d’une compréhension de ce que Berdiaev va appeler la Beauté.

Pour comprendre cela, li faut revenir aux textes fondateurs de la genèse où il est dit que « Dans le principe, Dieu crée l’homme et le place dans le jardin d’Eden en lui recommandant de ne pas se nourrir du fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal ».


Le Bien et le Mal

Ne pas toucher au Bien et au Mal ! On a là une clef pour comprendre la profondeur de la véritable morale, celle des prophètes et des saints. Beaucoup pensent que, à l’origine de la condition humaine, se trouve la faute et qu’elle réside dans le fait que l’homme a choisi le Mal contre le Bien.

Cependant, jamais il n’apparaît que l’homme ait choisi délibérément le Mal contre le Bien, mais il s’est laissé séduire en se nourrissant du Bien et du Mal. Quand il est question de ne pas se nourrir du Bien et du Mal, il est question de ce que Berdiaev appelle l’objectivation.

Dans une morale objective et non vécue de l’intérieur d’une manière libre,  on est dans le conformisme, on se réfère à un modèle et on appelle Bien tout ce qui s’y conforme et Mal ce qui ne s’y conforme pas. Je reste alors dans la tragédie de l’hypocrisie, je vis dans le jugement et non dans l’amour et la liberté. J’enferme l’humanité et je la mets en exil d’elle-même.

Ce qui est dit dans la Genèse renvoie profondément à la problématique de la condition humaine. L’homme est fait pour vivre d’une manière créative, libre et infinie dans un rapport intime avec Dieu et dans un rapport de communion avec le monde.

La chute, c’est ce qui se passe lorsque l’homme vit d’une manière extérieure et qu’il ne veut pas vivre d’une manière existentielle et personnelle.

Cette vision des choses est corroborée par la question du Mal. Qu’est ce qui fait que le Mal est le Mal ? Cela commence avant le Mal, dans l’attitude qui consiste à rationaliser le monde et la morale. Le conformisme moral pense que l’humanité est humaine lorsqu’elle vit les choses de façon extérieure par rapport à un Bien et un Mal pensés comme des modèles qui dirigent l’action.

On aboutit alors à ce que Berdiaev appelle « la domination de la loi » et on voit apparaître la domination de la notion de Bien. L’humanité est considérée comme étant humaine lorsqu’elle est conforme à ce qu’on appelle le Bien, et c’est là que se produisent les choses les plus graves.

D’où vient le Mal, il vient du conformisme à l’égard du Bien et des conséquences désastreuses de ce qui se passe à propos de ce conformisme.

Qu’est ce qui fait le plus de Mal dans le monde ? Aussi curieux que cela puisse paraître, c’est le Bien. C'est-à-dire le Bien vécu d’une manière conformiste par des hypocrites qui ont pris la place de Dieu, qui pratiquent un jugement du Bien et du Mal et qui au nom du Bien, se permettent tout.

Les pires choses qui peuvent se produire dans la condition humaine proviennent toujours d’une confusion entre le Bien et le Mal. Le Mal devient un Bien que l’on fait au nom du Bien. Nous en avons une preuve saisissante dans les totalitarismes du 20ème siècle.

Qu’ont-ils voulu faire ? Ils ont voulu établir le paradis et le royaume du Bien sur la terre, et au nom de cela ils se sont permis des horreurs en provocant des millions de morts. Derrière les crimes, les meurtres  et les suicides de notre monde, il y a l’idée que c’est un Bien.

Telle personne dérange la société ou ce que je pense être la société, donc le Bien, c’est de l’éliminer, le résultat c’est qu’on produit le Mal sans s’en rendre compte. Lorsqu’on parle de la légalisation du suicide, on estime que dans certaines situations de souffrance, comme c’est la seule manière d’en sortir, le suicide est un bien. A la base de la logique terroriste, il y a des hommes qui pensent être les agents purificateurs de Dieu et apporter le Bien sur la terre en terrorisant le monde.

Nous nous trouvons exactement ici, dans la situation de la Genèse où l’homme, n’écoutant pas la Parole divine lui recommandant de ne pas se nourrir du fruit de l’arbre du Bien et du Mal, se nourri de ce fruit, tombe dans le conformisme et se met à faire le Mal en croyant faire le Bien.


Nous vivons dans un mode d’objectivation.

Ce qui est derrière cette vision des choses, c’est la vision d’objectivation dont parle Berdiaev et dont les fautes sont la résultante.

J’insiste pour dire que la faute est la résultante d’un déséquilibre à l’intérieur de la pensée. La faute serait originelle si au départ, l’homme décidait de tuer son semblable, ors dans la Bible nous nous apercevons que le meurtre n’intervient pas dans les premiers chapitres du récit, mais bien après. Au départ, l’homme n’est pas un transgresseur, ce n’est pas quelqu’un qui a l’appétit du Mal.

On n’a pas compris la question du Mal parce qu’on on pense que dans l’homme il y a quelque chose de radicalement méchant. C’est une erreur, l’homme ne commence pas par être méchant, il commence par vivre dans la confusion et par avoir une certaine faiblesse qui fait qu’à un moment, il se trompe d’existence et il prend une place qui n’est pas la sienne.

Attention ! Ne prends pas la place de Dieu, ne te mets pas en face du monde et des hommes, rentre dans ton existence et dis les choses que tu vis toi-même. Quand on rentre dans cette logique existentielle, on peut comprendre pourquoi la Beauté intérieure est un principe moral fondamental.

Quand on parle de morale dans la culture occidentale, jamais la Beauté n’apparaît comme un principe moral. La morale occidentale relève du Bien et non du Beau parce que nous vivons dans l’objectivation, parce que nous ne vivons pas vraiment et que nous sommes spirituellement morts.

Le monde autour de nous est organisé pour que l’on vive à l’extérieur de nous-mêmes. Quand on parle de morale, on ne parle jamais d’expérience créatrice, on parle de politique et de la loi. Il y a deux attitudes : les conservateurs qui pensent qu’on est trop laxiste et les progressistes qui pensent qu’il faudrait plus de libéralisme.

Ainsi, on regarde les choses et on établit un programme moral en disant ce qu’il faut faire, que l’on soit conservateur ou progressiste, on est toujours des hypocrites et des menteurs. Personne ne parle d’une morale qu’il a vécue et qui vient de l’intérieur de lui-même, tout le monde est un dictateur dans sa tête.

Le résultat est que nous vivons dans une crise morale qui fait que la société est totalement paralysée et malade.


Que signifie la Beauté ?

Lorsqu’on parle de morale nous sommes des conformistes invétérés et sans nous en rendre compte, nous prenons la place de Dieu, nous sommes dans un orgueil spirituel effarant.

Il faut revenir à une expérience profonde que seule la beauté peut donner. Dostoïevsky a dit « La beauté sauvera la monde » et Berdiaev a profondément médité sur cette phrase.

Cela n’est pas de l’esthétisme, ce n’est pas une attitude superficielle. Pour presque tout le monde, la Beauté apparaît comme un sentiment esthétique et comme un luxe, il faut d’abord faire des choses utiles et ensuite, si on peut, on rajoute, ou pas, un peu de beauté, une sorte de  décor agréable pour pouvoir vivre.

Cette vision est catastrophique !

L’expérience de la Beauté est une expérience d’harmonie intérieure comme l’a dit Berd iaev« La beauté correspond à l’être parfait intégral et harmonieux ». Nous avons tous fait des expériences de beauté, ce sont des expériences où la vie nous apparaît comme idéale. Une expérience d’harmonie absolue où nous vivons un état de communion entre l’intérieur et l’extérieur.

Cette vision des choses nous ouvre sur l’expérience de la liberté, de la Personne et de la morale authentique. Cette expérience nous renvoie à l’expérience de l‘UN et à l’expérience de la pensée. Penser c’est découvrir l’UN, l’harmonie et la Beauté.


Le noyau d'être

Il y a quelque chose dans l’existence qui s’appelle « le noyau d’être », quelqu’un en nous qui sait qui nous sommes et qui maintien à travers le temps l’identité de ce que nous sommes. Si cet être en nous n’existait pas, nous ne pourrions pas vivre, si nous pouvons dormir, c’est qu’il y a quelqu’un en nous qui se souvient de nous pendant notre sommeil et qui fait que nous ne nous désagrégeons pas. C’est ce qu’on peut appeler le « gardien invisible » qui se souvient de nous et qui nous conserve.

Un exemple tout simple, nous oublions parfois quelque chose d’important et tout d’un coup nous nous en souvenons juste à temps. Qu’est ce qui fait cela ? C’est hautement incompréhensible, sauf si  nous réalisons qu’il y a en nous un être beaucoup plus profond que tout. C’est le mystère des mystères, le mystère du noyau d’être, le mystère de l’UN. C’est une force d’unité d’un amour infini.

C’est parce qu’il y a en nous cet autre qui nous aime à l’infini que nous pouvons être ce que nous sommes.

Faisons l’expérience d’aller dans notre noyau d’être, nous faisons alors  une expérience d’amour, de bonheur et de plaisir, exactement comme l’expérience de la beauté. C’est une expérience sensible et émotionnelle. Lorsque vous êtes devant quelque chose de beau, vous vivez un moment idéal d’harmonie à l’intérieur de vous-même.

Dans l’expérience morale, nous sommes guidés par le principe divin de nous-mêmes. Dieu nous guide à travers ce qu’on appelle les correspondances harmonieuses. Dans l’existence lorsque nous agissons de manière juste quelqu’un en nous se réjouis, de même ce quelqu’un s’attriste lorsque nous sommes dans l’erreur. C’est grâce à cet autre que nous avons du discernement  et la capacité de transformer notre vie.

C’est cette puissance harmonieuse qui est la puissance divine qui nous permet de devenir meilleur et de nous libérer de nos entraves. Quand nous nous laissons guider par cette puissance, nous vivons dans l’harmonie, et tout d’un coup, c’est mieux que Bien, c’est Beau !

Quand je dis « c’est Bien », je me conforme à un modèle extérieur et je ne suis pas dans le rayonnement. Quand c’est Beau, ce n’est pas conforme à quelque chose, cela produit un rayonnement, quelque chose qu’on n’avait jamais vu.


La puissance de l’harmonie.

Il n’y a pas de Bien et de Mal, il y a simplement des êtres vivants qui vivent l’harmonie qu’il y a en eux. Cette harmonie les traverse et rayonne autour d’eux. Nous arrivons à apporter une harmonie sur la terre sans passer par une dictature, un jugement moral et du conformisme. Nous sommes dans la dimension miraculeuse de l’existence.

Il y a des êtres qui apportent le Bien, la Paix et le Beau dans la vie, ils n’ont pas de pouvoir politique et de richesse mais ils ont quelque chose qui vient de l’intérieur d’eux-mêmes et qui est inouï.

Berdiaev n’oppose pas le Bien au Mal, il oppose le Beau. La manière la plus intelligente de parler du Mal c’est dire que le Mal est une catastrophe, c’est ne jamais dire que la Mal est un Bien. C’est spirituellement ce qui nous permet de lutter contre le Mal. Le Mal dans le monde vient du fait qu’il y a des gens pour dire que la Mal est un Bien.

Lorsqu’un Mal a été fait par quelqu’un,  sa défense est souvent de dire que pour lui, le Mal qu’il a fait était un Bien. Nous sommes alors dans la mauvaise foi et nous ne pouvons pas discuter. Spirituellement, nous avons  le sentiment que les choses sont graves et qu’il faut faire appel à des gens qui peuvent les gérer. Selon les cas, des policiers, des médecins ou des psychiatres qui vont pouvoir avoir une action pratique.

C’est là que nous pouvons voir que la vision spirituelle n’est pas une vision complètement évaporée  par rapport à la réalité mais c’est au contraire une vision pratique. Pour vivre cela, il faut avoir le sens de la Beauté à l’intérieur de soi, dire que le Mal est une catastrophe, c’est la même chose que dire que le Beau est le Beau.

Quand je vis dans le Beau, je vis dans l’harmonie et quand je suis dans cette harmonie, je suis capable d’appeler le Mal, le Mal, parce que c’est la même force harmonieuse qui agit.

Pour  Berdiaev, cette éthique est celle du Christ, le Christ n’est pas venu apporter une morale, il est venu apporter la Vie. Apporter la vie, c’est vouloir que l’homme devienne une Personne et rentre à l’intérieur de son cœur pour vivre cette harmonie et la laisser s’exprimer. Mystiquement, la Morale vient de Dieu et sa caractéristique c’est que c’est une expérience de beauté,  d’humilité, d’harmonie et d’amour infini.

Nous somme devant quelque chose de totalement nouveau.


Nous ne sommes qu’au début du christianisme

Le Père Alexandre Mène disait :   « Le christianisme ne fait que commencer » et Berdiaev dit « Le christianisme n’est pas achevé ». Ce que nous avons connu est un balbutiement dans une histoire immense qui se construit.

Nous ignorons totalement ce que peut signifier une morale fondée sur la Beauté. On le voit en occident où nous avons affaire à une morale extrêmement conformiste qui a été un moment la morale d’un certain christianisme et qui aujourd’hui est liée à la morale de la démocratie et des droits de l’homme. Nous apercevons que nous sommes dans un ensemble extrêmement moralisateur et hypocrite. On fait du moralisme en permanence, en faisant la chasse aux petites phrases, au bon comportement, aux discriminations, et on fini par établir une sorte de terreur autour de tout cela.

Face à cela, il y a eu quelques timides tentatives pour essayer de fonder une morale sur quelque chose qui ne serait ni le Bien ni le Mal, ni l’obligation ni la sanction.

Nietzsche a essayé de poser une morale par delà le Bien et le Mal, malheureusement, sa morale s’exprime dans la violence. Au 19ème siècle J.M. Villot a essayé de bâtir une morale sans obligation ni sanction. Les choses commencent à s’améliorer chez Bergson et chez Jankélévitch où il est question de l’éthique créatrice et de l’Amour, mais j’ai l’impression qu’il manque ce que l’on trouve chez Berdiaev.

Chez lui, nous avons, pour la première fois, quelque chose  qui nous montre la tradition chrétienne dans une radicale nouveauté et une radicale originalité.

A part la société qui vit dans l’Eglise et qui vit autour de la Beauté et de l’Amour, l’humanité ne connaît pas encore ce que veut dire un monde réglé de l’intérieur par la Beauté.

   

 

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Cours de théologie morale par Bertrand Vergely

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